Combien d'entreprises compte réellement le Luxembourg, et dans quel état de santé sont-elles ? Le Statec vient de publier l'édition 2026 de son étude « Un portrait chiffré des entreprises au Luxembourg », qui dresse un état des lieux précis du tissu économique national. Les chiffres révèlent une économie en croissance, mais marquée par des marges sous pression et des trajectoires très contrastées selon les secteurs.
Un tissu d'entreprises en forte croissance
Selon le Statec, l'économie marchande luxembourgeoise comptait 48 800 entreprises actives, contre environ 41 000 cinq ans plus tôt — soit une progression notable du nombre d'entreprises sur la période. Ces entreprises emploient au total plus de 386 000 salariés. Le chiffre d'affaires cumulé de l'économie marchande non financière atteint 240,3 milliards d'euros, pour une production de 125,1 milliards d'euros.
Autre indicateur marquant : les charges de personnel des entreprises luxembourgeoises ont, pour la première fois, dépassé la barre des 20 milliards d'euros, atteignant 20,9 milliards d'euros — un signe que les entreprises continuent d'investir dans l'emploi malgré un contexte économique parfois incertain.
Des marges sous pression
Le Statec pointe toutefois un signal moins favorable : le taux de valeur ajoutée recule à 14,1 %, et le taux d'excédent brut d'exploitation tombe à 5,4 %. Deux indicateurs qui traduisent une pression croissante sur la rentabilité des entreprises luxembourgeoises, dans un contexte où les coûts (salariaux, énergétiques, immobiliers) progressent plus vite que les marges dégagées. Les investissements des entreprises sont restés quasiment stables, à environ 5,2 milliards d'euros, ce qui peut aussi traduire une certaine prudence des dirigeants face à ce climat.
Une « économie à deux vitesses »
C'est l'un des enseignements les plus marquants de cette édition : le Statec constate un écart croissant entre les secteurs qui prospèrent et ceux qui peinent. Le secteur du commerce reste le premier employeur, avec plus de 53 000 salariés, suivi de près par la construction (plus de 52 000 emplois). Les activités spécialisées et scientifiques rassemblent, elles, plus de 11 000 entreprises.
Mais tous les secteurs ne connaissent pas la même dynamique : le taux de survie des jeunes entreprises dans l'industrie atteint environ 70 %, contre seulement 49 % dans le secteur des transports et de la logistique. Le secteur de la construction traverse par ailleurs une période particulièrement difficile, avec 165 faillites recensées en 2025, la promotion immobilière représentant à elle seule plus d'un quart des défaillances du secteur. Le Statec relève même que le Luxembourg est le seul pays de l'Union européenne où les fonds propres des entreprises de construction ont reculé entre 2023 et 2024.
Ce que cela signifie pour votre entreprise
Pour un dirigeant de TPE ou de PME, ces chiffres offrent un point de repère précieux pour situer sa propre activité par rapport à la moyenne de son secteur : une marge qui s'érode n'est pas nécessairement le signe d'un problème isolé, mais peut refléter une tendance structurelle plus large. À l'inverse, les entreprises positionnées dans des secteurs à forte résilience — comme l'industrie — bénéficient d'un contexte statistiquement plus favorable pour durer au-delà des premières années d'activité.
Ce qu'il faut retenir
- Le Luxembourg comptait 48 800 entreprises actives en 2023, contre environ 41 000 cinq ans plus tôt.
- Ces entreprises emploient plus de 386 000 salariés, pour un chiffre d'affaires cumulé de 240,3 milliards d'euros.
- Les charges de personnel dépassent pour la première fois les 20 milliards d'euros (20,9 milliards).
- Le taux de valeur ajoutée recule à 14,1 % et le taux d'excédent brut d'exploitation tombe à 5,4 %, signe de marges sous pression.
- La construction traverse une crise marquée, avec 165 faillites en 2025 et un recul des fonds propres du secteur, unique en Europe.
- Le taux de survie des jeunes entreprises varie fortement selon les secteurs : environ 70 % dans l'industrie, contre 49 % dans le transport et la logistique.