Quarante-sept entreprises ont déposé une demande de chômage partiel pour octobre 2026. Derrière ce chiffre publié par le Comité de conjoncture, une réalité utile à tout dirigeant : le dispositif reste un outil actif, mais il est beaucoup moins utilisé que ce que les entreprises anticipent. Voici comment lire ces données.
Ce que le Comité de conjoncture a décidé le 22 septembre 2026
Réuni le 22 septembre 2026, le Comité de conjoncture a examiné 47 demandes prévisionnelles pour octobre 2026 et en a approuvé 46. Le nombre de demandes introduites est en recul de 5 unités par rapport au mois précédent.
Les motifs invoqués se répartissent ainsi :
- 30 demandes fondées sur des raisons conjoncturelles ;
- 8 demandes liées à un plan de maintien dans l'emploi ;
- 3 demandes invoquant la force majeure, en raison du niveau insuffisant des eaux du Rhin ;
- 5 demandes fondées sur la dépendance économique.
Selon le communiqué, environ 1 457 emplois en équivalent temps plein sont concernés, contre 1 508 le mois précédent.
L'écart entre prévisions et réalité
Le chiffre le plus instructif concerne juin 2026. Sur 53 entreprises ayant reçu un accord provisoire, 35 ont effectivement eu recours au chômage partiel. Elles ont touché 953 salariés, alors que 2 053 étaient anticipés, soit 184 emplois en équivalent temps plein.
Autrement dit, beaucoup d'entreprises demandent une autorisation par précaution, puis n'utilisent le dispositif que partiellement, ou pas du tout. Pour un dirigeant, c'est un signal : l'autorisation prévisionnelle est une assurance de souplesse, mais elle ne doit pas être confondue avec un recours systématique.
Cette distinction compte aussi pour votre trésorerie et votre planification : une entreprise qui prévoit large peut se retrouver avec une autorisation dont elle n'a finalement pas besoin, tandis qu'une autre, trop prudente, peut manquer de marge de manœuvre au moment critique.
Un coût pour le Fonds pour l'emploi
Le coût du dispositif pour le Fonds pour l'emploi s'est élevé à 714 615 euros pour juin 2026, contre 593 127 euros pour mai 2026. Ces montants rappellent que le chômage partiel est financé collectivement et que son usage est encadré.
Les autres décisions du Comité
Le Comité a aussi rendu un avis favorable sur la préretraite d'ajustement pour 23 salariés, ainsi que sur trois demandes d'exonération fiscale d'indemnités de départ concernant 19 salariés (article 115 de la loi concernant l'impôt sur le revenu). Ces mécanismes sont des outils de gestion des restructurations, à connaître avant d'envisager des départs.
Comment s'en servir concrètement
Anticiper plutôt que subir
Si votre carnet de commandes ralentit, le moment de réfléchir au dispositif est avant la difficulté, pas pendant. La demande est examinée de manière prévisionnelle, mois par mois, par le Comité de conjoncture.
Documenter le motif
Les demandes se distinguent par leur motif (conjoncture, plan de maintien dans l'emploi, force majeure, dépendance économique). Préparez un dossier qui démontre clairement la situation de votre entreprise, avec l'appui de votre fiduciaire ou de votre conseil.
Surveiller le calendrier
La prochaine réunion du Comité de conjoncture est fixée au mardi 27 octobre 2026 à 9 heures. Elle examinera les demandes relatives au mois suivant.
Ce qu'il faut retenir
- Pour octobre 2026, 47 demandes ont été déposées et 46 approuvées par le Comité de conjoncture du 22 septembre.
- Environ 1 457 emplois en équivalent temps plein sont concernés, contre 1 508 le mois précédent.
- En juin 2026, 35 entreprises sur 53 autorisées l'ont réellement utilisé : 953 salariés concernés contre 2 053 prévus.
- Le coût pour le Fonds pour l'emploi a atteint 714 615 euros en juin 2026.
- Prochaine réunion du Comité : mardi 27 octobre 2026 à 9 heures.
- Pour tout dossier concret, appuyez-vous sur votre fiduciaire : chaque situation est analysée au cas par cas.